<< RETOUR

SONALP LA YOUTZE VERSION ETHNO-FOLK

ENTRE SONNAILLES ET DJEMBE
QUATRE ANS APRES SA NAISSANCE, LE GROUPE DU PAYS-D'ENHAUT SORT SON PREMIER CD ET MULTIPLIE LES CONCERTS DANS LES FESTIVALS

Leur histoire a commencé au fond d’une écurie. Sur scène, ils portent la chemise de l’armailli. Pitou, Pipo et Marc, les trois jodleurs, ont même poussé la touche folklorique jusqu’à porter des bretelles décorées de vaches et d’edelweiss. A distance, Sonalp pourrait presque se confondre avec un groupe de musique folklorique de Suisse centrale... A distance seulement, car sur scène, les trois voix du groupe n’hésitent pas à tomber leurs bretelles lorsque le violon rencontre la guitare électrique basse et que les djembés flirtent avec les sonnailles. Pitou revêt la casquette du rappeur et John, au djembé et aux percussions, ne quitte pas son bob. <<La chemise, c’est pour bien marquer qu’on est bien d’ici. Parce que la youtze est un moyen d’expression utilisé par d’autres ethnies, comme les Pygmées, à l’autre bout de la planète>>, explique Pipo, agriculteur dans le civil. Comme ses huit acolytes, le jeune homme est fier de ses racines, dans le Pays-d’Enhaut. <<On est tous des gars de Château-d’Oex et de Rossinière>>, lançait l’un d’eux samedi soir dernier, juste avant leur entrée sur la scène du Zénith à Château-d’Oex.

PREMIER CD

S’ils ont déjà arpenté la scène off du Montreux Jazz Festival l’année dernière et fait vibrer les festivaliers de Caribana au mois de juin, c’est dans leurs <<terres>> qu’ils ont logiquement choisi de donner un concert pour fêter la sortie de leur premier CD. Histoire de renouer avec un public qui les a encouragés à leur début. <<C’était en 1998 à la Fête de Bossons(n.d.l.r.: une fête de quartier), on a joué un morceau et, là, le public en a réclamé un autre. C’était bien sympa un autre, seulement on avait un seul morceau. Alors on l’a rejoué quatre fois>>, rigole aujourd’hui Andréas. Multiinstrumentiste, il jongle désormais entre clarinette, sonnaille,
scie et... couvercle de boille! En quatre ans, la formation a multiplié ses compositions, troqué le précédent local de répétition - l’écurie d’un chalet d’alpage - pour un lieu chauffé et répète désormais toutes les semaines. Tout cela, c’est la faute à leur ami Aldo. Aldo Federici, leur manager désormais, également organisateur du World Music Festiv’alpe, souligne: <<C’était après une soirée spaghetti avec mes parents. Tout d’un coup, j’ai eu comme un flash, j’ai vu un gars descendre la rue du Musée avec une guitare basse, un autre avec un djembé, des sonnailles et un jodleur. J’ai demandé à Pipo s’il pensait que c’était possible, il m’a dit que j’étais fou et
on a commencé.>> Depuis, il semble qu’ils y ont pris goût. Et le public aussi.

COUP DE COEUR


PAS RINGARD

Dites-moi youtze et forcément, sans détester, je pense <<ringard>>. Enfin, ça, c’était avant Sonalp. Il fallait oser le mélange des genres. Une équipe d’amis du Pays-d’Enhaut l’a fait: un soupçon de percussion africaine, quelques notes de clarinettes, deux ou trois accords à la guitare basse, le rythme des sonnailles et même celui des cuillères. Et ces trois voix qui youtzent à l’envi sur une musique un peu d’ici, un peu d’ailleurs. Une musique, une joie de vivre, communicative sur scène et même sur leur CD, c’est dire. La musique folklorique, on l’apprécie comme de la world musique
lorsqu’elle vient d’Inde, du Bénin ou de Roumanie. Avec Sonalp, on l’apprécie désormais aussi lorsqu’elle est d’ici.

Corrine Feuz - 24heures du 24 juillet 2002